24/01/2012

Victimes de persécution, même dans la mort*

«Il y a dix-huit ans, la ville iranienne de Sanandaj avait attribué aux bahá’ís une parcelle d’un hectare de terre aride au bord d’une route pour l’utiliser comme cimetière.

Ce versant de montagne rocheux, dépourvu de végétation, était sans aucune valeur immobilière, mais, après la première inhumation à l’automne 1993, les bahá’ís locaux se sont rassemblés pour aménager le site, retirer les rochers et remplacer la terre. À la main, ils ont planté et arrosé 250 jeunes cyprès et sapins, donnés par le bureau de l’Agriculture. Ils ont installé l’électricité et construit une petite pièce pour pouvoir préparer les corps avant l’inhumation.



Les permis appropriés ont été obtenus pour chaque étape du processus. Lorsque les bahá’ís ont voulu creuser un puits, la permission a été demandée et accordée par l’Office des eaux de la région. À chaque date d’expiration, le permis était correctement renouvelé.

Le bureau des Ressources naturelles, impressionné par la transformation du site, a proposé aux bahá’ís d’envisager la plantation d’arbres sur les terrains publics avoisinant le cimetière, élargissant ainsi la zone verte. En conséquence, les habitants de Sanandaj, principalement des musulmans sunnites, en sont venus à respecter cet endroit, le considérant comme un symbole de la présence pacifique de la communauté bahá’íe dans leur ville.

Mais à présent, la beauté de cet endroit verdoyant semble avoir provoqué un changement dans les attitudes officielles. Les autorités veulent reprendre possession du cimetière, revendiquant à nouveau le droit de l’État sur ce terrain, bien que des actes notariés aient été accordés autrefois aux bahá’ís. Une ordonnance pour sa confiscation, ainsi que pour la destruction des bâtiments et des tombes, sera plaidée au tribunal à la fin de ce mois.

Le harcèlement récent des bahá’ís à Sanandaj n’est pas de bon augure pour le verdict. Le 19 décembre, des agents du ministère du Renseignement ont effectué, tôt le matin, des descentes dans 12 maisons bahá’íes de la ville. Ils ont confisqué des livres bahá’ís, des brochures et des photos, ainsi que des disques compacts, des cassettes audio, des ordinateurs, des téléphones mobiles, des lecteurs de disques, et divers documents personnels.»

Qu’ont bien pu faire ces morts pour être ainsi traités ? Comment peut-on, dans n’importe quel pays, en Afrique aussi, au nom de n’importe quelle religion, agir ainsi dans ces lieux de recueillement que sont les cimetières ? Comment au XXIème siècle peut-on profaner des tombes ? Se battre pour imposer sa religion et exterminer ceux qui ont d’autres croyances ? Faire la guerre pour une terre qui sera notre tombe ?

Il m’arrive parfois, rarement, de ressentir une certaine lassitude ...

*Publié par la communauté internationale baha’ie, Genève. cf www.bahai.fr


17:26 Publié dans Monde, Politique, Spiritualités | Tags : persécution, religion, iran, cimetières, paix des morts | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | | |

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