23/09/2011

Comment se débarrasser d’une minorité ?

Quand un gouvernement veut se débarrasser d’une minorité qu’il estime importune, il peut employer la force, l’armée, la police, de façon frontale. On voit ça hélas sur nos écrans, dans nos journaux. Cela entraîne parfois la réprobation, parfois l’intervention, comme en Lybie, d’autres Etats.


Il est d’autres moyens, plus subtils, qui attirent moins l’attention, qui ne provoquent pas trop de réactions : on peut les réunir sous le nom de discrimination. Il est un pays, à la culture ancienne et quasi légendaire, qui pratique la discrimination envers une minorité de ses propres concitoyens. Ceux-ci ne sont pas des étrangers, ils ont la même couleur de peau, la même langue, les mêmes habitudes alimentaires, sont nés dans le pays et obéissent aux mêmes lois.. Mais ils ne sont pas chiites, ni même chrétiens ou juifs.

Alors, ils peuvent servir de boucs émissaires (toujours pratique d’en avoir), on peut les accuser de tous les maux passés, présents et à venir. Par des discours, par des articles contrôlés dans les journaux, on les expose à la vindicte populaire et, bien sûr, on ne les défend pas quand leurs maisons sont attaquées ou brûlées. Comme les enfants et les jeunes représentent l’avenir, alors on se moque d’eux dans les écoles, on renvoie les étudiants des universités (sauf s’ils se convertissent à la religion officielle). Et pour être certain que les plus âgés ne vont pas les aider, on confisque leurs pensions et leurs retraites aux vieux. On leur interdit l’accès à certaines professions aussi. Et s’ils ont besoin d’une bonne leçon, on profane les tombes et on rase leurs cimetières!

Enfin, si jamais quelque avocat honnête et courageux voulait défendre ceux qui ont été injustement emprisonnés, il n’y a qu’à arrêter cet avocat!

Tout cela, et je ne cite pas toutes les exactions commises contre eux, se passe de nos jours et fait écho douloureusement à des pogroms qu’on espérait ne plus voir. C’est dans un pays où la beauté et la poésie font partie d’une tradition millénaire, un pays que j’aurais aimé visiter, c’est en Iran. Et 300`000 baha’is adultes y sont constamment en danger.

  • Maître Soltani arrêté ces derniers jours à Téhéran, «hardent défenseur des droits de l’homme»
  • Shirin Ebadi , prix Nobel de la Paix, co-fondatrice du Centre de défense des droits de l’homme à Téhéran, fermé sur ordre du gouvernement en 2008. Elle ne vit plus en Iran.

14:19 Publié dans Histoire, Monde, Politique, Spiritualités | Tags : discrimination religieuse, boucs émissaires, baha'is, iran | Lien permanent | Commentaires (4) | |  Facebook | | | |

Commentaires

A votre question on pourrait répondre ,par l'indifférence tout simplement mode actuelle tellement appréciée par beaucoup d'utilisateurs des fameux SMS ou e-mail qui ayant pris leurs victimes entre chiffres et lettres plongeant celles-ci dans le dépotoir des désillusion ,ce qui prouve qu'il n'est nul besoin d'aller jusqu'en Iran ou ailleurs pour considérer le même problème de rejet face à des humains devenus sujets à discussions et surtout encombrants de par leurs questions vitales mais dont aucun logiciel ne peut résoudre l'essentiel c'est à dire la réponse à une question du moment et non programmée pour le mois prochain ou dans 25 ans!
Ce ne sont plus les humains qu'il faudra psychiatriser ce sont les logiciels bien structurés afin de mener l'humanité dans le mur de indifférence qui finira dans l'ignorance comme au temps des premiers hommes des cavernes ,mais n'est-ce pas le souhait des utopistes décroissants et autres écologistes doux rêveur?

Écrit par : lovsmeralda | 24/09/2011

Bravo pour vos rédactions toujours percutantes et qui ont le mérite de me faire réfléchir...
Il m'arrive d'oublier de le consulter, à tort, car j'apprécie son contenu.
Bonne continuation

Écrit par : S | 24/09/2011

Les despotes religieux qui gouvernent actuellement en Iran, n'en sont pas à quelques crimes près! S'il en existe des citoyens paisibles et travailleurs les baha'is le sont. Ces ayatollahs et mollahs pétris d'orgueil et de suffisance sont maudits par tous les hommes et aimés par Shaïtan. Je rage de ne rien pouvoir faire pour tous les persécutés de ce régime immonde. Que Dieu soit leur appui!

Écrit par : Hakim | 25/09/2011

Le courage et la foi avec laquelle les bahá'ís d'Iran affrontent ces difficultés sont exceptionnels et admirables. Nous pouvons nous inspirer de leur conduite exemplaire.

Merci Danièle pour cet article!

Écrit par : Louiselle | 27/09/2011

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