21/11/2010

«Briser en nous la mer gelée»

C’est ce que souhaitait Kafka et que reprend Jean-Christophe Aeschlimann dans son éditorial du dernier «Coopération».

Briser en nous ce qui est figé, ce qui n’est qu’habitude, jugement, représentations erronées, images fantaisistes.


Il semblerait que Einstein trouvait plus difficile de casser un préjugé qu’un atome. Et les préjugés sont le principal obstacle aux relations entre les peuples, entre les individus, entre les religions. L’image que je me fais des autres et du monde n’est pas la réalité. Elle passe au travers du prisme de mes yeux, de mes émotions, de mes expériences. Elle est influencée par les propos que j’ai entendus, les images que j’ai vues. Elle est partielle et partiale.

J’ai une grande responsabilité à cet égard : par un propos médisant, je peux faire se répandre une opinion sur quelqu’un et renforcer les préjugés sur elle. Car c’est bien de cela qu’il s’agit : des opinions, des préjugés qui emprisonnent notre esprit et ligotent notre faculté de réflexion et de pensée. Je suis victime souvent de ce procédé dont usent et abusent certains politiciens, je ne sais plus quoi penser, qui croire. Je suis complice aussi quand je refuse de voir en moi les idées reçues que j’ai acceptées et parfois cultivées.

A l’heure où on doit faire des choix, les préjugés qui consistent à mettre tous les membres d’un même groupe ethnique, religieux ou autre «dans le même paquet» me paraissent être un défi à notre humanité et à notre intelligence. Lutter contre ses préjugés, c’est dégeler la mer glacée en nous, c’est être véritablement plus libre.

"Les préjugés de religion, de race ou de secte détruisent les fondations de l'Humanité. Toutes les causes de division du monde, la haine, la guerre et l'effusion de sang sont dues à l'un de ces préjugés." (Abdul Baha, LesCauseries à Paris)

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