19/09/2010

Pourparlers de paix, festivals pour la paix ... what else ?

Dans le développement continu quoique pas linéaire de l’humanité, les phases de bas âge et d’enfance sont passées : de tribus à cités, puis états et nations, notre appartenance au monde s’est agrandie en même temps que celui-ci s’est comme rétréci. Nous voici dans la période troublée de l’adolescence où nous maîtrisons plus ou moins tous les moyens de communication : grâce au téléphone mobile, à internet, à la télévision, nous sommes atteignables presque partout et nous voyons en direct se dérouler la vie du monde. Nous pouvons nous sentir envahis par ce flot de «nouvelles» et avoir la tentation de nous replier sur notre bout de terre. Nous nous sentons impuissants, impuissants à comprendre les enjeux des batailles qui se déroulent sous nos yeux, impuissants à réagir.


Ce sentiment d’impuissance est paralysant. Les crises, les agressions, les conflits dont nous sommes maintenant informés presque en temps réel semblent caractéristiques de nos systèmes sociaux, économiques, religieux. Tant et si bien que nous en arrivons à penser que l’homme est, de par nature, égoïste, agressif, et qu’il est impossible de mettre en place un système de collaboration et de soutien réciproque. Si nous admettons ce point du vue, il n’est plus question de faire la paix! Mais nous pouvons aussi adopter une autre philosophie : L’être humain a des forces en lui qui lui permettent de créer et de mettre en oeuvre des projets pour son propre bien et celui des autres. Il lui faut en trouver la motivation. Cela ne revient pas à nier la confusion actuelle du monde, mais à ne pas désespérer. En dépit de toutes les souffrances et des troubles, tragiques, que nous avons sous les yeux, la communauté mondiale baha’ie estime que l’homme peut faire face à ces épreuves en ayant confiance dans un heureux dénouement futur. Il y a beaucoup de signes encourageants : juste par exemple, les nombreuses organisations caritatives, la générosité des donateurs -suisses en particulier- lors de catastrophes, la lutte contre l’analphabétisme, l’engagement de la Croix-Rouge, des amis d’Emmaüs, etc. Pensons à soeur Emmanuelle, à Mère Theresa ... L’intelligence humaine à créé des outils extraordinaires. Elle peut venir à bout de problèmes ardus. Cependant, je crois que tout cela ne suffit pas à combler l’esprit humain que je pense porté à la transcendance, à la recherche d’un sens, à l’affût d’une réalité fondamentale, d’une essence qui échappe à la perception des sens, et qu’on peut appeler Dieu. La religion est «une faculté de la nature humaine» (Arnold Toynbee). Baha’u’llah, fondateur de la foi baha’ie, assimile la religion à une force sociale. Même non-croyant, nous sommes tous imprégnés de religion! Bien sûr, bon nombres de malentendus et de conflits ont été créés au nom de la religion : S’accrocher aveuglément et égoïstement à ses propres orthodoxies, imposer des interprétations parfois erronées et contradictoires des écrits saints, utiliser des slogans, des extraits de textes hors contexte pour persuader les autres de sa supériorité, les empêcher de faire leur propre recherche, ériger des barrières entre foi et raison, entre science et religion, exercer un pouvoir sur autrui, tout cela a contribué au chaos actuel. Mais l’enseignement selon lequel nous devrions traiter les autres comme nous aimerions être traités nous-mêmes se retrouve dans toutes les grandes religions : il résume l’attitude morale, la recherche de paix qui existe dans toutes. Cet enseignement comporte sous-jacent, un aspect d’unité qui n’a pas encore, à mon avis, assez été mis en lumière. Les traités de désarmement, pour importants qu’ils soient, ne supprimeront pas les causes de guerre. La sécurité qui ne reposerait que sur des ententes politiques, changeantes, serait illusoire. Selon la religion baha’ie, la paix découle essentiellement d’un état d’âme reposant sur une attitude morale ou spirituelle et c’est principalement en évoquant et renforçant cette attitude que l’on pourra parvenir à des solutions durables. Chaque problème social (et il y en a de nombreux!) doit être résolu à l’aide de principes spirituels (ou pour employer un autre mot de valeurs). Car le principe spirituel a pour mérite de présenter une concordance avec l’élément immanent de la nature humaine mais aussi de stimuler une attitude, une dynamique, une volonté, un idéal, une aspiration qui permettent la recherche, la découverte et la mise en oeuvre de mesures pratiques. L’acceptation de l’unité de la race humaine est le premier principe pour la réorganisation de l’ administration du monde, considéré comme un seul pays et foyer de l’humanité. «La terre n’est qu’un seul pays et tous ses habitants en sont les citoyens» a écrit Baha’u’llah (1817-1892). A suivre ...

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