27/10/2009

Médisons, médisons, il en restera toujours quelque chose

Parler d’un collègue, d’une amie, d’un parent, derrière son dos, en son absence, est le sport le plus pratiqué au monde! En fait c’est une véritable pandémie! Et la plupart des personnes atteintes par ce virus ne le savent même pas ... Peut-être suis-je atteinte même si je me défends bien ?


Les bruits de couloirs, les calomnies, les ragots, les cancans, autant de termes pour qualifier cette habitude qui n’est pas réservée à un sexe, à une classe sociale ni à un pays. C’est vraiment universel. Ce n’est généralement pas bien méchant, pas bien grave pense-t-on. Mais serait-ce quand même un virus nuisible ?
La médisance est un problème extrêmement important dans les affaires, dans les relations de travail. La médisance fait des ravages, elle est insidieuse, elle sème le doute, elle détruit la confiance, elle ronge la crédibilité de celui qui en est victime. Elle pourrit les relations, elle éloigne, elle crée la discorde, la dispute, l’indifférence. Quel bien fait-elle à celui qui l’émet ? Est-ce qu’elle le soulage de sa colère, de sa déception, de son sentiment d’insécurité ? Est-ce qu’elle lui vaut de nouveaux amis, de nouvelles relations, de l’affection ? J’en doute fort! Or ce que nous recherchons tous, c’est de la reconnaissance, de l’amitié, de l’affection, des relations de confiance, de pouvoir donner et recevoir avec sincérité.

Comment l’éviter ? D’abord prendre conscience que nous sommes tous concernés. Reconnaître que nous la pratiquons pour en repousser le plus possible la tentation. Puis penser à ce qui nous pousse à être médisant : notre chagrin, notre déception, notre colère ou d’autres sentiments que nous n’arrivons pas à exprimer autrement. Trouver un réconfort auprès de personnes que nous aimons plutôt qu’en dénigrer d’autres. Tout un cheminement spirituel à faire, qui nous mène à plus de tranquillité, à plus de sérénité et à des relations confiantes et sincères auxquelles nous aspirons tous. Imaginons notre lieu de travail sans aucune médisance! Quel soulagement! Quel gain de temps et de confort moral!
Essayons donc :
” Ne dis pas de mal afin de ne pas en entendre dire ...” (Baha’u’llah)

16:49 Publié dans Société - People | Lien permanent | Commentaires (5) | |  Facebook | | | |

Commentaires

Madame,

En vous lisant, je "m'ai dit":

Méditons! Mais, dit-on que la médisance est une vilaine chose! Rien à redire?

Si! Il ne faut pas faire de même dans un texte précédent (le précédent). Celui où vous dites:

"Les vérités énoncées par les grands prophètes divins sont des révélations que Dieu nous présente sans que nous ayons eu besoin de les découvrir nous-mêmes. Elles sont à la base de toute la réflexion philosophique et éthique."

En fait, vous ne faites que médire à l'encontre des "sans Dieu", agnostiques ou athés, qui ne croient pas à la "révélation" et qui, selon vos dires (médisant) seraient donc incapables, puisque sans "bases", de toute réflexion philosophique ou éthique!

Toujours et encore la parabole de la paille et de la poutre!...Je sais! Là je suis légèrement médisant!

Écrit par : Père Siffleur | 27/10/2009

Merci beaucoup pour ceci. C'est vraiment un bon rappel individuel et collectif du mal que nous pouvons faire en parlant des autres en leur absence; ça me fait réfléchir à comment je peux encore plus efficacement éviter la médisance.

Écrit par : Sarah | 27/10/2009

Moi je dis qu'il faut du courage pour aborder un thème aussi sensible que la médisance. C'est une pratique courante dans tous les milieux de dire du mal des autres, c'est même bientôt devenu une discipline des jeux olympiques. La médaille d'or revient à celui qui arrive à dire du mal des absents, en faisant croire que c'est pour le bien de tous de connaître les défauts de celui qui n'est pas là. En donnant l'illusion que "bein nous on est sans défaut", et que du coup, y'a l'autre, qui n'est pas là, lui il les a tous. Quel merveilleux mécanisme de dé-responsabilsation. Je me concentre sur la paille dans l'oeil de l'autre, ça m'évite de voir la poutre dans le mien (d'oeil).
Pas besoin d'être croyant pour croire que la médisance est un mal pernicieux. On l'a tous vécu une fois ou l'autre: du moment que quelqu'un nous a dit quelque chose de négatif sur une personne, notre regard est voilé, troublé lorsqu'on revoit cette personne. On n'arrive plus à être vraiment objectif. Le préjugé est là, la distorsion est présente. C'est si facile de juger l'autre. Et si j'essayais plutôt de voir ce que l'autre a de bon... j'en vivrais certainement mieux.

Écrit par : Yasmin | 28/10/2009

@Père Siffleur
Là, vous confondez médisance et critique. La médisance est, selon ma compréhension, un acte visé envers des personnes spécifiques mentionnant leurs travers (au sens général du terme) en leur absence (c'est une généralisation de la calomnie, où les travers en question peuvent être vérdiques), et non pas le fait de ne pas être d'accord avec quelqu'un ou un groupe de personnes. Rassurez-vous, en écrivant ce commentaire sur ce blog, vous ne commettez aucune médisance (c'est juste à mon avis une critique très virulente et injustifiée). Ce l'aurait été si vous l'aviez écrit a vos amis sans que la blogueuse ne soit au courant.

@Danièle
Très bon article. A mon avis, nous sommes tous (moi en premier) concernés par le problème de la médisance (surtout dans cette société occidentale décadente).

Écrit par : Nabil Stendardo | 29/10/2009

Ah la médisance... elle s'immisce si facilement dans nos habitudes.
Ca fait pas de mal d'avoir un rappel de temps en temps... et de recommencer à y faire attention.
merci Danièle.

Écrit par : Bahiehk | 04/11/2009

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